Dans certaines localités de la région de Ziguinchor, la situation cadre parfaitement avec la réalité de Djirack. Derrière ce combat pour la survie de l’éducation dans ces zones de conflit se cache mal une réalité : la problématique des abris provisoires. Les chiffres sont alarmants. Rien que dans la région de Ziguinchor, plus de 800 abris provisoires sont comptabilisés. Le département de Bignona dirige le peloton, crédité de plus de la moitié de ces classes précaires. L’Ief 1 de Bignona, avec ses 358 abris provisoires, arrive en tête, suivie de l’Ief 2 qui comptabilise 325 pour 42 % de l’effectif. L’Ief de Ziguinchor complète le podium avec 84 abris provisoires soit 11 %. Le département d’Oussouye est moins gangréné que les autres avec seulement 29 classes concernées représentant 4 %.
Ces chiffres alarmants traduisent le désarroi des autorités académiques qui regrettent cette réalité qui a un impact réel sur les enseignements-apprentissages et sur le quantum horaire. En fait, le phénomène est plus présent dans les zones frontalières avec la Gambie. Là-bas, beaucoup de parents préfèrent envoyer leurs enfants de l’autre côté de la frontière, dans des écoles «anglophones», plus attractives. Ce processus de déscolarisation semble avoir atteint des proportions qui nécessitent une réaction rapide des autorités. Heureusement que depuis quelques temps, la résorption des abris provisoires est inscrite dans l’agenda des priorités de ces autorités. Un pari qui est cependant loin d’être gagné dans une région fortement scolarisée comme Ziguinchor.
En outre, la rentrée des classes n’a pas été effective dans des établissements comme Jean Kandé, Ibou Camara, Seydou Kâne et Francisco Carvalho qui restent vulnérables à cause de leur situation géologique. Les précipitations qui se sont abattues sur la région, ont mis ces écoles hors d’usage pour des semaines encore.
Lycées et collèges cherchent 128 professeurs
Dans cette région Sud, le manque de professeurs est souvent agité par les élèves pour justifier un mouvement d’humeur. Une situation qui risque de se reproduire cette année. Car, si l’on se fie à l’expression des besoins des chefs d’établissement, le déficit en professeurs s’élève à 128, 56 dans les lycées et 72 dans le moyen et secondaire. Cette préoccupation a d’ailleurs été soumise aux autorités académiques. Seulement, ces dernières ne semblent pas s’inquiéter outre mesure. A en croire l’inspecteur d’académie de Ziguinchor, la situation n’est pas alarmante, parce que les besoins sont surévalués par précaution. D’ailleurs, renseigne Ismaïla Diouf, des équipes seront envoyées sur le terrain pour évaluer la situation. Mais quels que soient les résultats de cette mission, les autorités académiques comptent trouver des solutions pour combler le déficit. Lesquelles reposeront sur les réorganisations internes, la rationalisation du personnel, les heures supplémentaires, les retours de stages, les sortants de la Fastef, etc.
Mamadou Papo MANE (Ziguinchor)