Plus de 80 passages abusifs sur le péage tous les jours. A raison de 5 mille francs Cfa par amende, c’est un gros pactole de 400 mille francs que la Société d’exploitation de la nouvelle autoroute concédée (Senac) collecte quotidiennement sur le tronçon.
Et considérant que cet argent il ne le mérite pas, le concessionnaire de l’Autoroute de l’Avenir a décidé de le donner aux différents services de l’Etat qui gravitent autour de l’ouvrage. A commencer par les hôpitaux et centres de santé le long de cet axe autoroutier où sont évacués les nombreux accidentés de cette route. Cela, dit Gérard Senac, parton du Groupe Eiffage dont la filiale exploite l’infrastructure, pour soigner les malades et faciliter la tâche aux infirmiers.
Après deux enveloppes au secteur de la santé, la troisième collecte de cet «argent de l’indiscipline», a été versée à la Gendarmerie qui côtoie les équipes de Senac sur le projet depuis 2013. Hier, Gérard Senac a donné un chèque de 10 millions de francs issus de ces pénalités à la maréchaussée pour l’aider à mieux contrôler les automobilistes sur cet axe routier où, au niveau des gares de péage, des conducteurs qui n’ont pas la carte rechargée essaient de passer là où il ne faut pas et bloquent la circulation pour aller plus vite. «Cet argent, vous l’avez mérité parce que vous travaillez à nos côtés pour le bien de tous les usagers», dit Gérard Senac au Haut commandant de la Gendarmerie qui a assisté à la cérémonie avec ses différents démembrements.
Sur la baisse des tarifs réclamée par le gouvernement, M. Senac soutient qu’il y a des discussions très avancées avec l’Apix, le concédant, sur instruction de l’Autorité. Ils travaillent sur cette nouvelle grille pour soulager les usagers. «Ce sera une bonne nouvelle pour l’usager. Nous sommes en discussions consensuelles. Mais il y a le respect de ce contrat de concession international, le respect des bailleurs de fonds. Le président de la République aura le dernier mot. On est dans le bon timing», dit Gérard Senac. Qui annonce des travaux d’autopont sur Pikine pour fluidifier le trafic sur l’ouvrage en libérant des sorties de bretelles. Cela, avec l’élargissement de la chaussée et l’augmentation de voies dans les gares de péage. Surtout qu’avec l’aménagement d’une dizaine de ministères à la sphère de Diamniadio, beaucoup de travailleurs qui vont regagner les villes dortoirs comme Keur Massar auront besoin d’une bretelle vers cette zone. «Il faut prévoir le flux de circulation. Il faut voir venir. Il faut que Diamniadio grandisse parce que les personnes n’iront pas jusqu’à Dakar pour revenir à Keur Massar», ajoute le patron de Eiffage.
Seyni DIOP