Longtemps attendu, le contenu du rapport d’audit sur la gestion passée du football guinéen a été finalement dévoilé sous pression de la FIFA et des observateurs. Un actuel membre de la Fédération, aux affaires à l’époque, y est épinglé.
À l’issue d’une réunion à huis clos des membres de la Fédération guinéenne de football, le rapport d’audit sur la gestion de la structure pourrait être rendu public ce vendredi. Dans une interview accordée au site Guineenews.org, le président de la Fédération, Antonio Souaré, a expliqué que le rapport d’audit impliquait trois personnes: le président sortant Salifou Camara, le secrétaire général Blasco Barry, signataire et cosignataire de la fédération et le comptable de l’époque. Ce dernier «a d’ailleurs presque commis un crime en mettant les chèques à son propre nom: les 834 000 euros et d’autres chèques.»
Sur les trois personnes incriminées, seul le secrétaire général fait partie de l’équipe actuelle de la Fédération.
Les sanctions demandées par la FIFA vont de la suspension à la radiation. « Il y a la procédure qui est judiciaire. La décision va partir de la suspension, c’est-à-dire une décision conservatoire, jusqu’à la radiation… Les montants qui sont sortis, même s’ils reviennent, sont considérés comme un délit », a indiqué Antonio Souaré, élu à la tête de la Feguifoot en février dernier.
L’audit financier a été mené sur la période allant de 2013 à 2015. Il dévoile notamment le détournement de plus de 800 000 euros en deux jours (22 et 23 décembre 2013). À l’époque, c’est Salifou Camara, l’ancien challenger d’Antonio Souaré, qui présidait la Fédération guinéenne de football.
Antonio Souaré a longtemps été accusé de retarder la publication du rapport en raison de la responsabilité de certains de ses proches dans la disparition des 800.000 euros. Certains d’entre eux ont d’ailleurs fait l’objet de rumeurs.
Pour sa part, la FIFA sera intransigeante. Lors de son passage en Guinée, la secrétaire générale de la FIFA, Fatma Samoura, n’a pas manqué de signifier que « la publication du rapport d’audit ne devrait pas durer en Guinée ». D’autant plus que « la transparence et la bonne gouvernance constituent un des créneaux sur lesquels la FIFA et son administration sont intraitables. »
Antonio Souaré a d’ailleurs indiqué que la FIFA continuait d’envoyer ses remarques à la Fédération. « On n’a fait que rendre compte de ce qu’on a trouvé », a indiqué Antonio Souaré.
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