Quand il s’agit de stratégie politique, le sac des libéraux n’est jamais dépourvu de tour. La grâce présidentielle accordée à Karim WADE et son exil forcé (pardon de la redondance), ne constituent certainement pas la Der de Me WADE. La prochaine étape, faire passer WADE-fils de candidat à secrétariat général du PDS. Pour y parvenir, sans donner l’impression d’une dévolution de père à fils, le Parti démocratique sénégalais est mis sens dessus dessous.
Le PDS dont le Secrétariat national s’est réuni ce lundi, s’est fendu d’un communiqué pour annoncer l’exclusion de Farba SENGHOR et de Pape Samba MBOUP. «Après avoir entendu un important rapport du Secrétaire Général National Adjoint sur les actes d’indiscipline des frères Pape Samba MBOUP et Farba SENGHOR, vu l’urgence et en application des statuts du parti le secrétariat national, après en avoir délibéré, décide l’exclusion définitive de Pape Samba MBOUP et Farba SENGHOR », note le document qui précise que cette décision prend immédiatement effet.
Toutefois, le dernier des militants du parti de Me WADE comprend qu’il n’est pas aussi facile que cela d’exclure un membre. Et même si c’était possible, les exclus ne peuvent pas avoir pour noms Pape Samba MBOUP et Farba SENGHOR.
Depuis qu’ils sont connus, ces deux fantassins ont très rarement, pour ne pas dire jamais, posé un acte que Me WADE n’a pas cautionné. Les deux hommes qui ont été aux côtés de Me Abdoulaye WADE bien avant que celui-ci n’accède au pouvoir et qui en ont vu de toutes les couleurs à son service. Fidèles parmi les fidèles, ils n’ont pas été laissés de côté quand les libéraux sont parvenus au pouvoir. Durant les deux mandats de WADE, ils ont, en effet, été tous deux accusés d’avoir posé ou fait poser des actes pouvant mener le Sénégalais lambda derrière les barreaux pour très très longtemps. Ils avaient juste perdu leur poste pour un certain temps. Ce n’est guère aujourd’hui que les deux compères vont saper l’autorité d’Abdoulaye WADE et saborder ses plans.
Cette exclusion est la tempête qui va annoncer l’arrivée de Karim WADE. En effet, ces exclus n’attendront pas demain pour ameuter la République et demander pourquoi eux sont renvoyés comme des malpropres et pas Aïda MBODJI qui sillonne le Sénégal sans le « consentement » d’Oumar SARR. Il va s’en suivre une si forte cacophonie que seule la voix de Karim WADE saura atténuer.
Mame Birame WATHIE