En conférence de presse ce mercredi les responsables de la Coalition Sopi avec à leur tête le député Tafsir Thioye n’ont pas perdu de temps pour lister les tares du régime de Diomaye Faye. Faisant le bilan de la gestion du pouvoir actuel,Tafsir Thioye parle d’une regression. « Le bilan des dix mois du régime en place est loin d’être fameux. Et les perspectives ne sont pas encore rassurantes pour le reste de l’année et du mandat. Le taux de croissance en prévision optimiste sur la période 2024-2029 en moyenne ne dépasse pas 6,5%, l’encours de la dette avant la publication du rapport de la cour des comptes est projeté pour 76% du PIB en 2029…La solution semble être renvoyée aux Sénégalais à qui on demande de faire des sacrifices.Les mesures annoncées en termes de suppression de subventions,de rebasing, voire de baisse de salaires, d’élargissement de l’assiette fiscale, qui viennent s’ajouter à l’érosion continue du pouvoir d’achat des populations, de hausse continue et vertigineuse des prix des denrées que le Premier ministre semble ignorer, de hausse du taux de chômage et de perte d’emplois, de sous-emploi et de précarité de l’emploi risquent d’aggraver la situation et de mettre les Sénégalais dans une situation extrêmement difficile ».Et Doudou Wade d’enfoncer le clou: « Rien n’a bougé. La dette ne cesse d’augmenter.Les Sénégalais attendent encore des solutions sur leur quotidien, sur la cherté de la vie et dans d’autres secteurs ».
Continuant son speech, le député Tafsir Thioye s’indigne de la hausse de l’endettement pour dire que, «en définitive, ce que les Sénégalais doivent retenir est la manifestation de la justice divine. En effet, qui ne se rappelle pas les critiques acerbes assénées contre le Président wade et son régime au lendemain de la prise du pouvoir par Benno notamment sur le déficit et la dette qui, jugée exorbitante, ne dépassait pourtant pas 35% du PIB en fin 2011 avec 2700 milliards en volume. Aujourd’hui ceux qui étaient dans la critique facile et dans la diabolisation sont sur le banc des accusés et de la pire des manières et sur les mêmes thématiques. L’histoire retiendra que malgré les annonces et les discours, les mêmes pratiques semblent ne pas encore lâcher le nouveau régime qui malgré les critiques à l’encontre du régime sortant et les grandes déclarations sur la transparence et la vérité n’est pas pour autant exempt de reproche notamment dans la gestion des finances publiques pour l’année 2024 dont un déficit énorme , un endettement énorme et mal géré avec des conditions excrément difficiles qui pèsent sur les finances publiques. Des charges de la dette qui avoisinent 1000 milliards (presque le double en une année en comparaison des prévisions de la LFI 2024,une dégradation de la note du Sénégal ,un manque de transparence dans la gestion des décrets d’avance, les arrières de paiement.Il est clair que si la cour des comptes avait procédé au même exercice pour l’année 2024 plusieurs failles notées dans la période concernée par l’audit pourraient refaire surface ».
Pour ce qui est du rapport de la Cour des comptes,ces responsables se désolent de la polémique et de la remise en cause du travail effectué par les fonctionnaires de l’État. « Il y a quelques jours, la cour des comptes a rendu public le rapport définitif de l’audit du rapport du gouvernement sur la situation des finances publiques du pays de 2019 à mars 2024. Ce rapport a suscité beaucoup de polémiques et a causé beaucoup de tort à notre pays avec une dégradation de la qualité de sa signature, une dégradation de sa notation par Moody’s et un discrédit aux yeux de l’opinion internationale. Ce rapport a consacré une remise en cause d’acquis importants fruits d’un travail d’honnêtes citoyens patriotes au vrai sens du mot qui avaient réussi grâce à nos partenaires à améliorer sensiblement notre système de gestion des finances publiques.
Notre conviction est que cette situation pouvait être évitée en ce sens que c’est un exercice normal voulu par le code de transparence qui est une norme communautaire. Nous attendions mieux de la cour et une autre posture du gouvernement. Le rapport, malgré son caractère incomplet, a démontré à la face du monde la dégradation de nos comptes publics mais également la fragilité du système de gestion de nos finances publiques ».
Face à ces manquements,Tafsir Thioye exige du Gouvernement des réformes tout en faisant preuve d’humilité. « Nous demandons au gouvernement d’envisager d’autres solutions qui mettraient à l’abri les Sénégalais des contrecoups de la crise qui sévit actuellement au Sénégal. L’échec de la relance de l’économie par l’agriculture devrait pousser à envisager d’autres voies et moyens tout en maintenant le soutien au monde rural. Les mesures d’austérité annoncées par le gouvernement risquent de faire plus mal et de plomber l’économie. Ils s’y ajoute le fait que les gouvernements précédents ne doivent pas faire plus que le régime actuel en termes de soutien aux Sénégalais. Les difficultés sont faites pour être surmontées », a encore laissé entendre Tafsir Thioye.Et de poursuivre : «Nous saluons l’idée déjà envisagée de mettre le secteur privé au cœur de l’action de production et de création de richesses et de promouvoir la liberté économique. La rationalisation de l’organisation de l’Etat ne doit pas se faire dans une optique budgétaire, mais dans une optique de recherche d’efficacité,d’efficience de l’action publique dans un contexte de gestion axée sur les résultats. Les Sénégalais attendent des solutions qui ne les éprouvent pas davantage. C’est en ce sens que le gouvernement devra améliorer sa communication. Tout ce travail ne pourrait pas se faire dans un climat de tensions. C’est pourquoi, nous appelons le gouvernement à plus de sérénité, à plus de lucidité, à plus d’humilité, à plus de respect des droits des Sénégalais, à plus ingéniosité pour arriver à bout des problèmes. Les problèmes sont nombreux, mais les solutions existent. Il faut savoir les trouver ou les inventer tout en sollicitant l’audit de la dette et solder les arriérés, l’accompagnement du secteur privé, le soutien aux ménages entre autres et le renforcement du Fongip.
Théodore SEMEDO
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