Contrairement à Nicolas Sarkozy dont le discours à Dakar est resté en travers de la gorge des africains, Hillary Clinton, elle, a salué, dans le même amphithéâtre de l’Ucad, la démocratie Sénégalaise, «un modèle, témoigne-t-elle, en Afrique et dans le monde».
Les Américains admirent le Sénégal, un des rares pays en Afrique de l'Ouest qui n'a jamais connu de coup d'Etat militaire. Les propos sont de Hillary Clinton, à Dakar depuis mardi soir, dans le cadre d’une tournée africaine qui l’a mènera au Sud Soudan, au Kenya, au Malawi, en Ouganda et en Afrique du Sud. A l’Ucad 2 où Mme Clinton a tenu sa déclaration, aucun qualificatif n’était de trop pour vanter l’effort démocratique du Sénégal. Pour la secrétaire d’Etat américain, «le Sénégal est désormais un modèle en Afrique et dans le monde» en matière de démocratie. Et Hillary Clinton, d’enchaîner sur un ton beaucoup plus élogieux, devant une foule monstre composée, de politiques, de membres de la Société civile, d’universitaires etc : «quiconque doutait que la démocratie ne pouvait prospérer en Afrique, qu'il vienne au Sénégal». Faisant allusion à l’élection présidentielle de mars dernier, émaillée par des manifestations violentes contre une troisième candidature d’Abdoulaye Wade, la secrétaire d’Etat américaine rappelle que le «peuple Sénégalais a défendu sa démocratie et sa Constitution». Non sans rendre un hommage appuyé aux femmes, aux jeunes notamment le mouvement Y’en a marre et la société civile, fers de lance de ce combat pour la démocratie.
Ce n’est pas tout, Hillary a aussi salué dans la foulée, le comportement républicain des forces de l’ordre qui, dit-elle, «se sont abstenues de s’impliquer» dans le processus comme c’est le cas dans beaucoup de pays en Afrique. Pour la patronne de la diplomatie américaine, la démocratie qui va de pair avec le développement est au cœur du partenariat entre les Usa et l’Afrique. Et Mme Clinton de rappeler dans le même registre, les grands axes de la politique américaine en Afrique que sont, cite-t-elle : «Renforcer les institutions démocratiques, stimuler la croissance, faire avancer la paix et la sécurité, promouvoir les possibilités et le développement». Pour rappel, les autorités américaines se sont distinguées par leur position tranchée sur des questions ayant trait à la démocratie au Sénégal, ces dernières années. C’est par exemple le cas lors de la candidature controversée du président sortant Abdoulaye Wade à l’élection présidentielle de mars dernier. La Maison blanche avait invité Wade à ne pas briguer un troisième mandat à la tête du pays. «Nous respectons le processus politique et légal et le fait qu'(Abdoulaye Wade) soit autorisé à briguer un nouveau mandat mais le message que nous lui adressons reste le même: l'attitude digne d'un chef d'Etat serait de céder la place à la prochaine génération», avait déclaré à la presse la porte-parole du département d'Etat américain, Victoria Nuland. Idem pour le projet de loi portant création du ticket présidentiel. Là aussi Marcia Bernicat alors ambassadeur des Usa au Sénégal avait très tôt pris position en déclarant dans la presse qu’elle se rangeait du côté du peuple. Mme Clinton a d’abord était reçu par le chef de l'Etat Macky Sall avant son discours à l’Ucad.
Yakhya MASSALY