A moins de deux jours de la fête de la Korité, le prix du poulet a connu une hausse considérable. De 1 800 francs, le prix du kilogramme est passé à 2 500 francs Cfa. Cette flambée du prix est due, selon les vendeurs, à la destruction de certaines de leurs fermes d’approvisionnement par la pluie. Une situation qui n’enchante guère les consommateurs.
Il est 16 h 30 mn au marché de Grand Yoff. Devant les étals des poulets situés à l’entrée du marché, les clients se font désirer. Des poulets, dont les poids varient entre 1,5 kg et 3 kg, sont exposés. Mais les prix sont exorbitants. Après quelques minutes d’échanges infructueux avec les vendeurs, les ménagères vident les lieux. Il est inadmissible pour elles de décaisser 2 500 ou 3 500 francs Cfa pour s’offrir de la volaille. Parce que la majorité des consommateurs dispose de petites bourses qui ne leur permettent pas d’acheter tous les condiments nécessaires à la cuisson du jour de la Korité. Marie Sakho, une dame trouvée sur place en train de marchander, n’a pas pu cacher sa colère face à cette flambée des prix du poulet. Elle trouve ces prix appliqués inacceptables. «Il faut que les vendeurs cessent d’abuser de notre patience. Ils profitent de toutes occasions, surtout la veille de fête, pour faire du chantage afin de nous soutirer plus d’argent», peste-elle.
Babacar Thiam, vendeur de poulets installé dans ce marché depuis une dizaine d’années, tente d’expliquer la hausse : «On nous accuse à tort sur l’augmentation du prix des poulets, comme si nous avons à y gagner. Nous ne sommes que des revendeurs. Nous nous s’approvisionnons dans des fermes situées à Diamnadio et Sangalkam. Or, la pluie qui s’est abattue cette semaine sur ces lieux, a causé des dégâts matériels énormes et la disparition de plusieurs poulaillers. Pour compenser ces pertes, nos fournisseurs ont été obligés d’augmenter le prix du poulet», explique-t-il. Non sans préciser que, contrairement à ce que pensent les clients, ils vendent très souvent à perte. Ce, dit-il, rien que pour écouler rapidement la marchandise. Car, durant la saison hivernale, ils éprouvent d’énormes difficultés à assurer la survie de la volaille. «Il y a seulement quelques semaines, je vendais quotidiennement plus de 25 poulets. Depuis deux jours, c’est à peine si j’arrive à liquider trois poulets. Je sais que, c’est parce que le prix a augmenté que nous avons peu de clients. Mais, nous ne pouvons pas le vendre moins cher rien que pour attirer les clients», poursuit-il.
Toutefois, les ménagères rencontrées dans ce marché exigent que les autorités fassent des descentes au niveau des marchés pour apporter des solutions à ce problème. Sinon, disent-elles, «nous risquons d’être privés de poulets lors de la fête de la Korité». «L’autorité compétente doit prendre nos préoccupations en compte, car nos maigres revenus ne nous permettent pas de céder aux chantages des vendeurs véreux qui profitent de la célébration des fêtes familiales comme la Korité pour nous escroquer», insiste Marie Sakho.
Paule Kadja TRAORE
APPROVISIONNEMENT : 2,5 millions de poulets annoncés sur le marché
Malgré les tensions notées sur le marché ces jours-ci, le poulet sera disponible en quantité et à un bon prix. C’est l’assurance donnée hier par le président de la fédération des acteurs de la filière volaille (Fafa), Amadou Mactar Mbodj. Joint par téléphone, il annonce que 2,5 millions de poulets de chair seront sur le marché rien que pour la fête de Korité. Soit un demi-million de plus que l’année dernière. A cela, il ajoute les poulets du pays qui sont estimés, selon lui, à 22 millions. Ce qui fait penser à Mbodj que le poulet sera disponible et accessible à un prix raisonnable. Interpellé sur les inondations de poulaillers dans la zone des Niayes qui seraient à l’origine des hausses constatées sur le marché, il minimise. «J’ai joint le responsable de notre structure dans la zone et il nous a assuré que seuls 2 poulaillers sont inondés. Et 600 poulets sont effectivement morts. Ce nombre est donc infime par rapport aux 2,5 millions de poulets qui ont été élevés pour cette fête», dit-il.
S. DIOP