Il me semble, de part et d’autre, tant au niveau des détracteurs du nouveau régime que celui de l’ancien, que l’on s’attarde quelquefois sur des détails non déterminants au détriment des questions vraiment essentielles et qui devraient nous préoccuper au plus haut point. Comme, par exemple, le fait de qualifier les enquêtes préliminaires de police qui se mènent sur certains dignitaires de l’ex-régime. Ce que certains considèrent comme étant de la propagande électorale du pouvoir ou un acharnement sur l’adversaire politique, pour obtenir la majorité à l’Assemblée nationale. A mon humble avis, cela ne correspond pas à la réalité. Ou bien alors, pousser l’adversité subjective jusqu’à sous-estimer l’importance capitale et le caractère prioritaire des audits et de la loi sur l’enrichissement illicite que le peuple leur attache.
C’est grave ! Autrement dit, c’est comme si la récupération des immenses ressources de notre pays, qui sont détournées de leur objectif primordial, qui est le développement, importait peu. Egalement la Justice qui était tant décriée dans le passé, mais qui commence à redorer son blason par s’attaquer à tous ceux qui ont commis des délits sans aucune exception, pour les traduire en justice, cela aussi est quantité négligeable. Si tout cela n’est pas apprécié comme une rupture dans ce domaine et des actes positifs, cela voudrait dire que certains veulent une chose et son contraire dans le même temps. Certains compatriotes deviennent subitement, sans que l’on sache pourquoi, des admiratifs des mis en cause de l’ancien régime ou mieux, semblent être au service des incriminés qui sont visés par les enquêtes.
S’agissant maintenant du pouvoir ou précisément de Macky Sall, il doit faire cap de manière ferme, sur l’essentiel qui a été déjà décliné dans son programme et approuvé par la preuve de son élection à la présidence. Il doit exécuter les mesures arrêtées sans cruauté inutile ni faiblesse coupable. A cet effet, les attaques injustifiées des vaincus ne doivent point le préoccuper et ne méritent pas de réponse verbale. Mais, il doit leur opposer des actes concrets, liés au tableau de bord déjà ficelé. Il est de son intérêt de tenir compte des critiques objectives de ses alliés comme de son opposition pour marcher sur ses deux pieds à pas assurés. Le président de la République doit aussi tirer toutes les leçons et tous les enseignements des pratiques irrespectueuses, malsaines et parfois indécentes de son prédécesseur, à l’égard de ses collaborateurs, de ses partisans, de ses engagements, des biens publics, etc. Il doit avoir une attitude tout à fait à l’opposé de Me Wade, attitude empreinte d’humilité et de respect scrupuleux à l’égard, aussi bien des adversaires que des partisans. Et que la catastrophe monumentale de Wade par sa déclaration, qui fut un cri du cœur lamentable : «Ma Waxoon Waxeet» ou bien d’avoir dit encore que «sa promesse n’engage que ceux qui y croient» lui servent de leçon.
Je pense aussi que la participation du président de la République à la campagne des élections législatives est inutile et dangereuse par son non-respect de la loi et du code électoral, ce que la Cour d’appel de Dakar a bien confirmé. C’est du wadisme tout cela, un forcing qui ne rapporte rien du tout. Au total, il est hors de question, me semble-t-il, après tout ce que nous avons enduré avec Wade et son clan, qu’un Sénégalais conscient de ses responsabilités, qui avait voté contre Wade, puisse, entre le 25 mars et le 1er juillet 2012 revenir sur sa décision, pour accorder une confiance quelconque au Pds ou Bgg, car, les deux forment la même chose et sont tous responsables, à part entière de tout ce qui nous est arrivé ces 12 dernières années. A propos d’Ousmane Ngom, ce dernier n’a jamais rapporté une décision quelconque pour son caractère illégal. Ensuite rappelons-nous de cette réponse injurieuse avec une arrogance inégalée, qu’il avait faite à l’opposition, précisément à B S.
Je peux comprendre que d’autres listes, pour la pluralité et la diversité au sein de la prochaine Assemblée nationale bénéficient du vote des citoyens, mais que le bloc du Pds, même disloqué recueille encore beaucoup de suffrages des électeurs, est une attitude incohérente, illogique et irréaliste. Connaissant bien Me Wade, rien ne nous assure que ce dernier, rancunier qu’il est, ne pourrait pas se dédire et tenter de conclure un deal de retrouvaille après les législatives, avec sa famille libérale. Tout cela, dans le seul but d’une revanche sur l’actuel président. Il cherchera, par tous les moyens, à combattre Macky, afin de l’empêcher de traduire dans les faits, le programme et les changements institutionnels qu’il a proposés aux Sénégalais. Pour être conséquents avec eux-mêmes et cohérents aussi, les électeurs de Macky doivent parachever la défaite complète de Wade, en éliminant tout ce qui est apparenté de près ou de loin au Pds à savoir : le Pds, Bgg, Cap 21 et toutes les listes qui avaient soutenu Abdoulaye Wade à la Présidentielle.
Mandiaye GAYE
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