CHUTE CONTINUE DU PRIX DU BARIL DE PETROLE Ça sent la fin de la subvention de l’Etat

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Un prix du baril du pétrole à 60 dollars depuis plus d’un an constitue une bouffée d’oxygène pour Senelec qui doit pouvoir faire face à ses charges. Ainsi, l’Etat, qui subventionne encore l’électricité à hauteur de 60 milliards par an, pourrait bientôt orienter cet effort vers d’autres secteurs prioritaires. C’est l’analyse du président de l’Association pour le développement de l’énergie en Afrique (Adea), Jean Pierre Favennec, qui s’exprimait à l’ouverture du 13ème Salon international de l’énergie et du pétrole.

 

La plongée du prix du baril du pétrole depuis deux ans va beaucoup soulager les finances publiques. L’Etat qui, en dépit des recommandations du Fonds monétaire international, et d’autres bailleurs de fonds, s’entête à octroyer une subvention de 60 à 120 milliards de francs Cfa par an dans le secteur, pour stabiliser les prix de l’électricité afin d’éviter l’application de la vérité des prix, pourrait, si cette tendance se poursuit, ne plus avoir besoin d’y injecter de l’argent. En effet, selon Jean Pierre Favennec, président de l’Association pour le développement de l’énergie en Afrique (Adea), il y a un peu plus de pétrole sur le marché. Et la décision des pays producteurs de pétrole de ne pas baisser la production va beaucoup profiter aux pays importateurs de pétrole comme le Sénégal. «Il y a une demande de pétrole qui n’est pas aussi importante qu’on le pensait et une très importante augmentation du pétrole de schiste aux Etats-unis. Et, normalement, dans ce genre de situation, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole décide, quand elle voit un afflut de pétrole venant des autres pays, de réduire sa production», a expliqué M. Favennec à l’ouverture de la 13ème édition du Salon international de l’énergie et du pétrole qui s’est achevé, hier, à Dakar.

Selon lui, la géopolitique n’est pas absente de la décision de l’Arabie saoudite de maintenir sa production, qui est au cœur de la baisse des prix du pétrole. Avec ce prix très faible, elle met un peu en difficulté des pays comme l’Iran, le Venezuela, la Russie. «Il y a un peu trop de pétrole sur le marché. Le prix du baril est de 60 dollars, et il peut rester à ce niveau pendant plusieurs mois. C’est plutôt une bonne nouvelle pour le Sénégal, car Senelec importe encore des quantités extrêmement importantes de fuel. Un pétrole qui diminue de moitié, c’est également un fuel qui diminue de moitié. Et la facture de Senelec diminue pratiquement de moitié. Ce qui devrait être une bonne chose pour l’ensemble de la population sénégalaise», ajoute-t-il.

Avec un prix du baril de pétrole qui est la moitié de ce qu’il était, il y a un an, poursuit l’expert, la facture pétrolière sénégalaise qui représentait 40 % du Produit national brut (Pnb) pourrait sensiblement baisser. Et permettre à l’Etat d’orienter les ressources qui étaient allouées à la subvention vers d’autres secteurs prioritaires. «Cette baisse est une bouffée d’oxygène pour Senelec qui consommait à peu près quelque chose comme deux mille ou trois mille tonnes par jour. Cela va alléger les coûts de production et les subventions très importantes de l’Etat qui a des moyens très limités», souligne le président de l’Adea.

Seyni DIOP